L'odorat du chat : le sens le plus puissant du félin - Comment le protéger ?
Le nez de notre félin, un véritable chef d'orchestre des sens
Les capacités sensorielles du chat ne sont pas une légende mais une réalité.
Sa vision nocturne exceptionnelle, son ouïe capable de percevoir des sons imperceptibles pour l'être humain, ses vibrisses détectant les moindres mouvements font de lui un prédateur parfaitement adapté à son environnement. Ne pensez pas qu’un chat domestique ait oublié ses instincts !
L'odorat joue un rôle prédominant. Grâce à lui, le chat identifie un individu, son territoire, une proie ; il évalue la qualité d'un aliment ou encore détecte un danger invisible.
Aujourd'hui, je vous invite à découvrir ce “super pouvoir olfactif” , comprendre pourquoi ce super pouvoir est aussi son talon d’Achille et enfin aborder les principales précautions indispensables à la préservation de son odorat.
L’odorat du chat : des performances remarquables
Parmi les cinq sens classiques : la vue, l'ouïe, l'odorat, le goût et le toucher, les spécialistes du comportement félin affirment que l'odorat est le sens qui influence le plus la vie quotidienne du chat. Grâce à ce sens, il peut :
- reconnaître son environnement ;
- identifier les personnes et les animaux ;
- sélectionner sa nourriture ;
- repérer une proie ;
- éviter un danger ;
- communiquer grâce aux phéromones ;
- choisir un partenaire reproducteur ;
- construire son territoire ;
- retrouver des repères rassurants.
Nous comprenons mieux pourquoi un chat remarque immédiatement :
- un nouvel animal dans la maison ;
- un meuble déplacé ;
- une personne rentrée après avoir caressé un autre chat ;
- un aliment légèrement altéré ;
- un changement d'odeur sur son territoire.
Pourquoi le chat ouvre-t-il la bouche après avoir senti une odeur ?
Comment fonctionne l'odorat ?
Le chat possèderait plus de 200 millions de récepteurs olfactifs, contre environ 5 millions chez l'Homme. Ces molécules inspirées sont captées, triées, analysées et stockées dans une immense « bibliothèque » de souvenirs olfactifs enregistrés par le cerveau.
Ce comportement, souvent très amusant à observer, porte le nom de réaction de Flehmen.
Après avoir reniflé une odeur particulièrement intéressante, le chat entrouvre légèrement la bouche, retrousse la lèvre supérieure et reste immobile quelques secondes.
Non, il ne vous fait ni la grimace ni un sourire ( pour rappel, le lent clignement des yeux est le sourire). Ce mouvement permet simplement d'acheminer les molécules odorantes vers l'organe de Jacobson afin de les analyser plus finement.
Lorsque vous promenez votre chat , vous pouvez l'observer s'attarder et renifler longuement un brin d’herbe : il fait du ‘Flehmen’. Les comportementalistes considèrent que cette étape permet au chat d'« enregistrer » l'information olfactive dans sa mémoire pour la reconnaître ultérieurement.
L'organe de Jacobson : un détecteur de phéromones
L'une des particularités les plus fascinantes du chat est la présence de l' organe voméronasal, ou organe de Jacobson.
Situé juste derrière les incisives supérieures, au niveau du palais, cet organe est spécialisé dans la détection des phéromones, des substances chimiques naturellement produites par les chats.
Ces phéromones transmettent des informations concernant :
- l'identité d'un individu ;
- son sexe ;
- son état reproducteur ;
- son niveau de stress ;
- son appartenance à un groupe social ;
- la délimitation d'un territoire.
Le rôle de l'odorat chez le chat : un outil de survie, de communication et de bien-être
Un territoire construit grâce aux odeurs
Pour un chat, le territoire est avant tout une carte olfactive.
Chaque pièce, chaque meuble et chaque objet possède une signature chimique que le chat mémorise avec précision. Lorsqu'il se frotte contre un canapé, une porte ou vos jambes, Il dépose des phéromones faciales ( rendant ainsi son environnement familier et sécurisant).
Le chat renouvelle régulièrement ces marquages afin de maintenir cette « bibliothèque olfactive » constamment à jour. Le moindre changement peut être immédiatement détecté car il signifie un changement apporté à son territoire.
Reconnaître les humains grâce à leur odeur
Le chat vous identifie principalement à votre odeur corporelle. Et si vous rentrez chez vous, après avoir manipulé un autre chat ( crime de lèse majesté !!!) vous avez dû être accueilli par une séance de reniflement et parfois de distanciation …
Les odeurs influencent directement les émotions
Les recherches en comportement félin montrent que les odeurs sont étroitement liées aux émotions.
Une odeur familière favorise :
- la détente ;
- le repos ;
- les comportements exploratoires ;
- les interactions sociales.
Les dangers qui menacent l'odorat du chat
Notre mode de vie expose aujourd'hui les chats à une multitude de substances chimiques, de polluants et d'odeurs artificielles. Certaines sont simplement désagréables, d'autres peuvent provoquer des irritations respiratoires, perturber leur comportement ou avoir des effets toxiques à long terme.
Les chats respirent entre 20 et 30 fois par minute au repos. Chaque inspiration transporte des milliers de molécules odorantes vers leur système olfactif. Cette exposition permanente explique pourquoi ils sont beaucoup plus sensibles que nous aux polluants atmosphériques.
La pollution de l'air intérieur : un danger sous-estimé
Nous passons beaucoup de notre temps à l'intérieur. Nos chats, eux, y vivent presque en permanence. Pourtant, l'air intérieur est parfois plus pollué que l'air extérieur.
En effet, les principales sources de pollution domestique sont :
- les désodorisants d'intérieur ;
- les diffuseurs électriques parfumés ;
- les sprays d'ambiance ;
- les bougies parfumées ;
- l'encens ;
- les produits ménagers ;
- certaines peintures et colles ;
- les solvants ;
- les insecticides ;
- les fumées de cuisson.
Beaucoup de ces produits libèrent des composés organiques volatils (COV). Ces molécules restent longtemps en suspension dans l'air avant d'être inhalées.
Chez le chat,la concentration de ces substances peut rapidement devenir irritante.
Les désodorisants : sources d’irritations et d'allergies
Même les formulations dites « naturelles », « biologiques » ou « écologiques » utilisées par les fabricants peuvent comprendre des substances chimiques irritantes à minima. Le problème est que la composition complète de ces produits est rarement connue.
Soyez donc vigilant si vous observez chez votre chat :
- des éternuements ;
- une irritation des yeux ou du nez ;
- une toux persistante ;
- une respiration sifflante ;
- une baisse d'appétit ;
- une aggravation d'un asthme félin ;
- une irritation chronique des voies respiratoires.
Chez les animaux les plus sensibles, une exposition prolongée pourrait également participer au développement de maladies respiratoires chroniques.
Les huiles essentielles : naturelles… mais pas sans danger
Nous utilisons de plus en plus de produits écologiques. Cependant, le chat ne possède pas d'enzyme pour dégrader certaines substances. Le foie du chat peut mettre plusieurs jours à éliminer les phénols. Les aldéhydes aromatiques et terpéniques sont également trop puissants pour son métabolisme. Les cétones sont interdites et les terpènes à éviter.
Même diffusées, elles peuvent être inhalées et absorbées. Le chat peut aussi les ingérer en faisant sa toilette si elles se sont déposées sur son pelage. Il est important de savoir que :
- Le choix d'huiles essentielles est limité.
- Le dosage doit rester faible.
- La voie orale est à proscrire, surtout pour les femelles gestantes ou allaitantes.
Parmi les huiles les plus problématiques figurent notamment :
- eucalyptus ;
- menthe poivrée ;
- pin ;
- cannelle ;
- clou de girofle ;
- thym ;
- origan ;
- agrumes ;
- gaulthérie.
Les signes d'intoxication peuvent apparaître rapidement :
- hypersalivation ;
- vomissements ;
- perte d'équilibre ;
- tremblements ;
- difficultés respiratoires ;
- somnolence ;
- convulsions dans les cas graves.
Les fumées de tabac : un risque avéré
Le tabagisme passif représente également une source importante de pollution domestique.
Les particules de fumée se déposent sur le pelage du chat. Lors de sa toilette, il en ingère une partie. Les études vétérinaires montrent que les chats vivant dans un environnement enfumé présentent davantage de maladies respiratoires et un risque accru de certains cancers.
Les fumées des incendies de forêt
Les récents incendies nous rappellent la vulnérabilité des animaux face à notre négligence. Des événements en Gironde et dans le Var ont démontré les dangers mortels que représentent ces situations pour eux.
Même à distance, les fumées véhiculent particules fines, monoxyde de carbone, hydrocarbures et gaz irritants. Les chats asthmatiques sont particulièrement sensibles.
Chez le chat, ces fumées peuvent provoquer :
- irritation des voies respiratoires ;
- conjonctivite ;
- toux / asthme ;
- difficultés respiratoires ;
- perte temporaire de l'odorat ;
- aggravation d'une maladie pulmonaire chronique.
Lors des épisodes de fumées importantes, il est recommandé de limiter les sorties et de maintenir les fenêtres fermées aux heures où la qualité de l'air est la plus dégradée ( ne pas oublier la VMC).
Pollution extérieure : un risque pour les chats d'intérieur comme d'extérieur
Les particules issues du trafic routier, des chauffages au bois, de certaines industries ou des activités agricoles pénètrent facilement dans les logements. Les pesticides, herbicides et insecticides représentent également une source d'exposition importante.
Le chat peut les inhaler, mais aussi les rapporter sur son pelage avant de les ingérer lors de sa toilette. Cette voie d'exposition est souvent oubliée ou négligée.
Les moisissures et les allergènes
Une habitation humide favorise le développement de moisissures microscopiques. Leurs spores irritent les voies respiratoires sensibles du chat et peuvent accentuer les symptômes d'allergies ou d'asthme.
Les acariens, certains pollens et les poussières fines participent également à la dégradation de la qualité de l'air intérieur. C’est pour cela que les structures d'accueil des animaux doivent se conformer à des règles sanitaires strictes, en respectant notamment l’hygrométrie ( la norme sanitaire pour les structures d'accueil se situe entre 55 et idéalement 65 %) la qualité de matériaux imputrescibles, la luminosité.
Comment protéger l'odorat de son chat ?
Quelques mesures simples permettent de préserver ce sens indispensable.
1. Aérer chaque jour
La ventilation naturelle reste le moyen le plus efficace de diminuer les concentrations de polluants domestiques.
Quelques minutes d'aération matin et soir permettent déjà de renouveler efficacement l'air intérieur.
2. Choisir des produits ménagers peu parfumés
Privilégiez :
- le savon noir ;
- le vinaigre blanc ;
- le bicarbonate de soude ;
- le savon de Marseille ;
- les produits portant un étiquetage environnemental reconnu.
Moins un produit est parfumé, moins il sollicite inutilement le système olfactif du chat.
3. Bannir les désodorisants
L'entretien régulier du bac à litière reste la meilleure solution.
Les litières autonettoyantes ou un nettoyage fréquent limitent naturellement les odeurs. S'agissant des encens, sélectionnez des encens vraiment naturels (comme le bois de palo santo ) et surtout ; AEREZ!
4. Éviter les huiles essentielles- privilégier les hydrolats au besoin
Bien se renseigner pour les huiles essentielles. Jamais d’application directe et pure ni d’ingestion.
5. Respecter les repères olfactifs
Le chat construit son équilibre grâce aux odeurs familières. Laver tous ses accessoires simultanément ou remplacer d'un coup son couchage, son arbre à chat et ses couvertures peut le désorienter.
Conserver certains objets imprégnés de son odeur contribue à son sentiment de sécurité. C'est une des astuces à retenir : conserver un de ses objets portant son odeur dans le sac de secours... nous verrons cela dans un prochain article. En attendant, prenez soin de vous et de vos fidèles compagnons !
sources : Dr Nat Scroggie (cats.com) - icatcare/ recherches personnelles en harmonisation des lieux

